Les protagonistes


Patrice (Emery) Lumumba (Katako-Kombé, 1925 – Lubumbashi, 1961)

Né à Katako-Kombé, dans le Kasaï, Patrice Lumumba reçoit une formation de missionnaire.
Il fonde, en 1958, le Mouvement National Congolais (MNC), mouvement indépendantiste.
Partisan d'un Congo indépendant unitaire, il défend ces idées lors de la « table ronde » de Bruxelles, réunissant, en janvier et février 1960, colonisateurs belges et dirigeants nationalistes congolais.
En mai 1960, le MNC remporte les élections législatives et, en juin 1960, Lumumba est élu Premier Ministre, chef du gouvernement mais doit partager le pouvoir avec son rival, Joseph Kasavubu, dirigeant de l'Abako (Alliance des Bakongos) qui est élu Président de la République. Le Congo, alors colonie belge, devient indépendant et, en juillet, les premières mutineries ont lieu. L'armée se mutine contre ses officiers blancs et la population européenne fuit le Congo. Vers la mi-juillet, Lumumba et Kasavubu appellent les Nations Unies qui envoient des casques bleus pour assurer le maintien de la paix mais refusent d'intervenir contre la sécession katangaise; la province du Katanga ayant déclaré son indépendance le 11 juillet 1960. Le premier ministre Lumumba rompt alors les relations diplomatiques avec la Belgique. Il décide de faire appel à l'Union Soviétique pour réduire la sécession katangaise, ce qui ne plait pas à Joseph Kasavubu qui destitue Lumumba en septembre 1960. Le 9 décembre 1960, le colonel Mobutu, qui a pris le pouvoir, l'arrête et le fait transférer au Katanga, où il est assassiné le 17 janvier 1961. Le 14 Février 1961, Moïse Tshombé déclare qu'il a été abattu lors d'une tentative d'évasion de la prison d'Élizabethville (aujourd'hui Lubumbashi). L'exécution de ce symbole de la lutte anticolonialiste africaine souleva un tel scandale dans le pays et sur le continent qu'en 1966 le général Mobutu le proclama héros national et martyr.


Joseph Kasavubu (Mayombe, v. 1913 – Boma, 1969)

Kasavubu est élu, en 1954, président de l'Alliance des Bakongos (Abako), premier mouvement politique indépendantiste constitué par l'une des ethnies peuplant le Congo, alors colonie belge. mais les élections de mai 1960, précédant d'un mois l'accession à l'indépendance du pays, sont remportées par Patrice Lumumba, partisan d'un État unitaire. L'indépendance ayant favorisé l'émergence de multiples revendications autonomistes, Lumumba se résigne à un compromis et Kasavubu est nommé Président de la République.
Dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le chaos : mutinerie de l'armée. En juillet, Moïse Tshombé entraîne le Katanga dans une guerre de sécession qui provoque une intervention militaire de la Belgique.
Le 14 septembre, le colonel Mobutu prend la tête du Congo et écarte du pouvoir le Premier ministre Lumumba et le Président Kasavubu. Celui-ci est cependant rappelé à la tête de l'État. En janvier 1963, les forces de l'Organisation des Nations unies (ONU) mettent fin à la sécession katangaise et le Président Kasavubu suspend le Parlement en septembre. Enfin, le 24 novembre 1965, un nouveau coup d'État met fin à la présidence de Kasavubu. Le général Mobutu s'octroie les pleins pouvoirs.


Moïse Tshombé (Musumba, 1919 – Algérie, 1969)

Né à Musumba, Moïse Tshombé reçoit une formation en droit alors que le Congo était sous domination belge. Il devient, en 1951, membre du conseil de la province du Katanga. Il fixe l'indépendance du Congo, lors de la « table ronde » de Bruxelles, pour le 30 juin 1960.
Devenu Président du Katanga, soutenu par les parachutistes belges, Tshombé proclame l'indépendance de la province du Katanga. En 1963, les forces de l'ONU mettent fin à la sécession katangaise. Tshombé est contraint à l'exil mais il est rappelé en 1964 par le gouvernement congolais. Son nouveau parti remporte les élections en avril 1965, ce qui aggrave sa rivalité avec le président Joseph Kasavubu qui le démet de ses fonctions de Premier ministre en octobre 1965.
Le 20 novembre, le général Mobutu s'empare du pouvoir. Exilé à Madrid, Tshombé est accusé de complot et condamné à mort. Enlevé et incarcéré en Algérie en 1967, il y meurt le 29 juin 1969.


Joseph Désiré Mobutu (Lisala, 1930 – Congo, 1997)

dit Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga (« guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l'arrêter »)

Né à Lisala, Joseph Désiré Mobutu a été sous-officier dans l'armée coloniale belge de 1948 à 1956, puis journaliste.
En 1958, il adhère au Mouvement national congolais (MNC) fondé par Patrice Lumumba. Il participe à la « table ronde » de Bruxelles en janvier 1960 à l'issue de laquelle le Congo devient une nation indépendante.
Après avoir été secrétaire d'État dans le gouvernement Lumumba, il est nommé chef d'état-major en juillet 1960, après avoir été promu colonel.
Durant les troubles que connaît le pays à la suite de la déclaration d'indépendance, Mobutu, soutenu par l'armée, suspend provisoirement le gouvernement civil. En décembre 1960, il fait arrêter Lumumba qui, transféré au Katanga, est assassiné sur ses ordres le 17 janvier 1961. Ce même mois, le gouvernement est rétabli et Mobutu se consacre à la reconstruction de l'armée. Profitant de la faiblesse politique du président Joseph Kasavubu, il organise un second coup d'État militaire le 24 novembre 1965 et se proclame président de la République.
Mobutu fonde le Mouvement populaire pour la révolution (MPR), dorénavant parti unique. Il va gouverner autoritairement en s'appuyant sur sa garde présidentielle. En 1971, Mobutu lance une campagne pour un » retour à l'authenticité africaine « , les personnes, les régions, les fleuves et les villes retrouvant des noms africains. Ainsi, le Congo est rebaptisé Zaïre en 1971. En 1982, Mobutu devient maréchal.


Baudouin 1er (Bruxelles, 1930 – Espagne, 1993)

Le Roi Baudouin, fils de Léopold III, prête serment le 16 juillet 1951 et devient ainsi le cinquième roi des Belges.
Le 13 janvier 1959, il promet dans une allocution radiodiffusée, « de conduire, sans atermoiements funestes mais sans précipitation inconsidérée les populations congolaises à l'indépendance, dans la prospérité et la paix ».
Le Roi Baudouin meurt le 31 juillet 1993.